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Claude Clement

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CLAUDE CLEMENT OU LA TRAGI-COMMEDIA DEL ARTE
par Jean PERROT - Griffon, 1995

L'oeuvre de Claude CLEMENT dit la nécessaire soltitude de l'artiste, la coupure, le départ et l'éloignement de la foule, la rupture du quotidien et la métamorphose, l'irréversible envolée vers les domaines du supérieur et du ciel bleu, la rhétorique de l'ombre et des ténèbres. Elle n'ignore pas non plus, les exigences de la vie en société, l'impératif des sens et la jouissance des plaisirs concrets, la renaissance du rire. D'un côté, l'élévation nostalgique des"orphelins du sublime" en quête d'un au-delà de la passion appelle la réintégration rêveuse des étages spirituels, maternel ou paternel, et, de l'autre, le terre-à-terre des rivalités, la rixe "des bâtards" âprement attachés aux réalités de ce monde et à la lutte pour le pouvoir, instaurant une faille radicale dont surgit la phrase d'un style original.


LA BELLE VIE

par Sophie KOECHLIN - Griffon, 1995

Voilà un petit bout de temps que la plume de Claude CLEMENT me chatouille le museau... Depuis quand exactement, je ne m'en souviens pas, sept ou huit ans, peut-être. J'ai croisé son regard bleu rieur alors que, dessinatrice débutante, je dérivais le long des allées du Salon du Livre de Jeunesse de Bologne. Immédiatement, j'ai eu la sensation que nous nous connaissions déjà. Avions-nous jadis combattu le Prince Noir et bouté les Anglais hors de France ? Nous étions-nous attablées au fond de quelque taverne afin de comparer, tout en savourant deux coupes de vin clairet, les mérites de nos coursiers respectifs ? Ou bien avions-nous donné un coup de main aux vieux Léonard afin d'arracher enfin un brin de sourire à sa Joconde dépressive ?


LE VERTUGADIN DES LUMIERES
par Jean CLAVERIE - Griffon, 1995

Claude CLEMENT, drôle de nana qui écrit des contes purs comme des étoiles filantes et qui, comme pour s'en excuser, fait pétarader sa moto. Après tout, à chacun sa façon d'arpenter la Carte du Tendre. Plus tard, Claude m'a confié qu'elle était fatiguée de son image de conteuse moderne. Je m'en étonnais et l'assurai que j'avais tant de plaisir à la lire et qu'elle jouait dans le Parnasse des grandes, des conteuses magiciennes, des Shéhérazade. J'en appelai à témoin ses illustrateurs, John Howe, Frédéric Clément... non des moindres. Ceux-là ne s'y étaient pas trompés. Chacun de ses textes en était ressorti servi par une mise en image, comme on dirait mise en scène, parfaitement juste, respectueuse et distante à la fois.

Claude CLEMENT fait pétarader sa moto !

Illustration de Pierre CORNUEL